Réalisation : Johann Dionnet
Casting : Baptiste Lecaplain, Lyes Salem, Elisa Erka, Constance Carrelet, Rudy Milstein, Johann Dionnet, Amaury de Crayencour…
Nationalité : Français
Genre : Comédie
Durée : 1h43
Date de sortie : 18 juin 2025
Synopsis
Comédien en perte de vitesse, Stéphane débarque avec sa troupe au Festival d’Avignon pour jouer une pièce de boulevard. Il y recroise Fanny, une comédienne de renom, et tombe sous son charme. Profitant d’un quiproquo pour se rapprocher d’elle, Stéphane s’enfonce dans un mensonge qu’il va devoir faire durer le temps du festival…Mais qui va très vite le dépasser !
Mon avis
Un film aussi touchant que drôle !
J’y suis allée vraiment pour la découverte, sans en attendre grand-chose et je dois dire avoir été très surprise.
« Si le bouche-à-bouche peut sauver une vie, à Avignon, le bouche à oreille peut sauver une pièce. »
Je partais dans l’idée de voir une comédie, peut-être romantique même, si c’est en grande partie le cas, ce n’est pas ce qui prédomine, malgré un humour évidemment présent, il est pourtant dosé avec beaucoup de subtilité, sans jamais être poussé à l’extrême, il sait être drôle, sans jamais tomber dans le lourd et c’est déjà bien plus que ce à quoi je pouvais m’attendre. Mais plus que ça encore, c’est un coup de projecteur sur le théâtre, sur le fait d’être acteur dans ce domaine, presque une mise en abîme même, notamment à l’évocation de la pièce « Ruy Blas », qui vient se transposer aux décisions de notre personnage principal, pour mettre en avant ses sujets intemporels et qui peuvent aisément résonner avec notre monde moderne. Ce métrage vient également dénoncer un certain élitisme, celui de railler des pièces divertissantes, au profit d’un vrai théâtre, comme si le travail avait moins de valeur et que les spectateurs étaient plus limités, un élitisme que l’on peut également trouver dans d’autres domaines, toujours ce prétexte pour juger de votre intelligence et de votre faculté de compréhension. Je dois dire que j’ai été profondément touchée par cet angle de vue, parce que l’on ne s’imagine pas à quel point ça peut être difficile de faire entendre sa voix dans un tel milieu, de lutter contre ceux qui souhaitent vous rabaisser, parce que votre travail n’est pas assez bien, pas pour un public assez noble et ça ouvre les yeux sur nos propres façon de penser également. Johann Dionnet nous livre un premier long-métrage plein de fraîcheur, de bonne humeur, c’est un cocktail de joie de vivre, de bons sentiments et ça donne franchement le sourire, de la première, à la dernière minute. Visuellement, très simple évidemment, c’est avant tout un très beau jeu de lumières, mais également de scènes assez frappantes, notamment dans ce dialogue nocturne extrêmement prenant et assez sublime, qui se détache du lot par sa beauté indéniable. En ce qui concerne le scénario, il est intelligemment écrit, rappelant avec subtilité la pièce de Victor Hugo, mais transposé à notre époque, ainsi qu’au milieu du théâtre, c’est fait avec beaucoup de subtilité et toujours en abordant des sujets qui parviennent à sonner profondément juste. L’intrigue nous prend aisément dans ses filets, on se laisse porter par sa douceur, par sa jolie romance, par son humour toujours délicatement dosé et nous en sortons finalement plus touchés que ce que l’on pouvait imaginer, notamment par des sujets importants, auxquels chacun de nous pourra s’identifier. Quant au casting, il est absolument parfait, c’est un vrai bonheur de retrouver Baptiste Lecaplain dans un tel rôle, Alison Wheeler est incroyablement solaire et Elisa Erka y est tout en nuances.
En bref : Un film qui parvient à nous surprendre, une comédie romantique, qui parvient à être bien plus que ça, une vision du théâtre qui dénonce son élitisme, en abordant des sujets forts, une mise en abîme particulièrement intelligente, tout en subtilité, qui résonne par son intemporalité et par l’aisance qu’elle a à se transposer à notre époque !