Furcy, Né Libre

Réalisation : Abd Al Malik

Casting : Makita Samba, Romain Duris, Ana Girardot, Vincent Macaigne, Liya Kebede, Frédéric Pierrot, André Marcon, Micha Lescot…

Nationalité : Français

Genre : Biopic, historique, drame

Durée : 1h48

Date de sortie : 14 janvier 2026

Tout public avec avertissement 

Bande-annonce

Synopsis

Île de la Réunion, 1817. À la mort de sa mère, l’esclave Furcy découvre des documents qui pourraient faire de lui un homme libre. Avec l’aide d’un procureur abolitionniste, il se lance dans une bataille judiciaire pour la reconnaissance de ses droits.

Mon avis

Un film aussi éprouvant que percutant !

Je souhaitais absolument le découvrir et sans surprise, j’en suis ressortie assez marquée.

« Quand on peut priver un homme de liberté, on lui ôte toute identité. »

Les films concernant l’esclavage sont monnaie courante, mais moins nombreux sont ceux se déroulant en France ou dans ses colonies, ainsi, on découvre plus particulièrement ce qui pouvait se passer dans nos territoires ultramarins, là où l’esclavage a perduré bien plus longtemps qu’en métropole. Si nous savons tous à quel point ce fut une période sombre de notre Histoire, en être directement témoins est une autre paire de manches, les sévices infligés, les conditions de travail, de vie ou même leur statut, ce sont des faits réels qui nous sont retranscrits, parfois crûment, mais ils sont essentiels pour comprendre toute l’horreur de la situation. Mais ici, il y a une composante juridique extrêmement importante, tant du côté des esclavagistes, que des abolitionnistes, c’est une véritable lutte qui s’enclenche, à coup de lois et de termes abominables lorsque l’on sait que l’on parle d’être humain, mais que nous les comparons pourtant à des meubles, dont il est possible de disposer à sa guise. C’est un aspect exigeant, qui demande au spectateur une certaine concentration, si je peux comprendre que certains trouvent ces passages longs ou trop complexes, ils me semblent pourtant nécessaires pour bien appréhender le combat de cette époque, pour faire changer les choses en profondeur et faire de notre société, une population véritablement égalitaire. La réalisation d’Abd Al Malik est d’une puissance saisissante, les couleurs sont saturées, rendant les paysages incroyables, fabuleux contraste entre les conditions de vie misérables de ces esclaves, il ne cache rien des horreurs vécues, sans pour autant en faire un spectacle voyeuriste. En ce qui concerne le scénario, il est parfaitement maîtrisé, il nous livre le récit de cet homme dans toute sa vérité, dans toutes ses épreuves, dans toute l’injustice de sa situation, lui qui aurait dû naître libre et qui aura vécu une grande partie de sa vie sous le joug de maîtres pour qui il n’était que de la main d’œuvre facilement interchangeable. Quant au casting, il est d’une crédibilité extraordinaire, Makita Samba y est d’une présence saisissante, Romain Duris est toujours aussi talentueux, Vincent Macaigne est terrifiant de monstruosité et j’ai été très touchée par le rôle d’Ana Girardot.

En bref : Un film percutant, une vision de l’esclavage dans notre propre société, de tout ce qu’elle pouvait comporter d’inhumain, loin de notre devise qui pouvait prôner l’égalité, ainsi, c’est un récit très juridique, très exigeant dans ses termes, dans ses combats, mais qui se révèle essentiel pour comprendre comment tout cela a pu se dérouler et c’est un destin profondément bouleversant qui nous sera partagé, dans toutes ses épreuves !

8/10

Une réflexion au sujet de « Furcy, Né Libre »

  1. J’ai justement découvert la semaine passée au musée d’histoire de Nantes combien les cultivateurs avaient été pervers en jouant sur les mots pour conserver des hommes et des femmes comme esclaves alors même que cela avait été aboli. Horrible !
    Ce film semblant aller aussi dans ce sens m’intéresse d’autant plus. Merci d’en parler !

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