Sœurs d’Armes

Réalisation : Caroline Fourest

Casting : Dilan Gwyn, Amira Casar, Camélia Jordana, Esther Garrel, Maya Sansa, Mark Ryder, Nanna Blondell, Pascal Greggory…

Nationalité : Français

Genre : Action, drame

Durée : 1h52

Date de sortie : 9 octobre 2019

Bande-annonce : https://youtu.be/9h9saeCgx6c

Synopsis

Deux jeunes françaises, Kenza et Yaël, rejoignent une brigade internationale partie se battre aux côtés des combattantes Kurdes. Leur quête croise celle de Zara, une rescapée Yézidie. Issues de cultures très différentes mais profondément solidaires, ces Sœurs d’Armes pansent leurs blessures en découvrant leur force et la peur qu’elles inspirent à leurs adversaires.

Mon avis

Un film bouleversant et incroyablement intense !

La bande-annonce m’avait beaucoup plu, mais j’étais très loin de m’attendre à une telle claque.

« Il est où ton paradis, connard ? »

Voilà exactement ce que j’attends du cinéma français, prendre des risques, sortir des sentiers battus, aborder des sujets difficiles, presque sensibles même et le tout, avec une réussite assez bluffante. Je ne suis pas forcément une grande adepte des films de guerre, j’avais également peur qu’il souffre de la comparaison avec les Américains, qui ont sûrement fait les meilleurs du genre, mais sincèrement, il n’y a pas à rougir du résultat. Certes, le budget n’est évidemment pas le même, mais j’ai justement aimé le côté plus intimiste que ça lui donne, plus réaliste aussi, parce que justement moins dans la surenchère visuelle. D’autant plus que ça correspond parfaitement au conflit abordé, il ne faut pas oublier que c’est une armée avec peu de moyens, de simples civils qui se sont soulevés à la base et qui se battent comme ils peuvent. Pour tout vous dire, je connaissais peu cette histoire, mais lorsque je suis sortie de la salle, l’actualité a violemment résonné en moi, j’avais la terrible sensation que rien n’avait malheureusement changé. Il est difficile de concevoir qu’un peuple soit ainsi persécuté depuis tant d’années, qu’ils ne peuvent prétendre qu’à de courtes périodes de paix toute relatives. Mais il est encore plus inconcevable qu’en son sein même des divergences subsistent, créant ainsi une instabilité toujours plus grande. Plus que leur combat, c’est celui des femmes, simples esclaves sexuelles, elles deviennent des soldats redoutés, en face d’hommes qui ont peur d’être tués par elles et de ne pas accéder à une mort digne. J’ai beaucoup aimé la réalisation de Caroline Fourest, elle a su nous plonger au cœur d’un pays dévasté par des conflits religieux, nous montrer sans fard, ce que la vie peut être là-bas. Visuellement, la qualité est là, peu d’effets spéciaux, pour un résultat tellement plus naturel, plus brut, qui correspond bien plus à la réalité des faits, aucune surenchère ici et c’est pour le mieux. La violence y tient évidemment une part importante, mais j’ai apprécié qu’elle soit plus suggérée que directement montrée, il est suffisant de comprendre les tortures infligées, en être témoins n’est pas nécessaire pour que ce soit impactant. D’ailleurs, certaines scènes restent particulièrement difficiles, mais la guerre est ainsi, elle se fait au prix de sacrifices, tant physiques, que psychologiques. En ce qui concerne le scénario, il n’est pas forcément très complexe, mais tout l’intérêt réside essentiellement dans la force de son histoire et dans ce que l’on pourra en retirer. Bien sûr, les femmes en sont les héroïnes, mais pour autant, on ne rejette pas les hommes, on ne les diabolise pas non plus, on dénonce certains monstres, mais on applaudit aussi ceux qui aident. Alors, il est encore plus beau de voir qu’il est possible de vivre ensemble, de se battre pour une bonne cause, en totale égalité et que la stupidité des uns, ne fait pas la généralité des autres. Tout est une question de solidarité, au-delà des religions, au-delà des langues ou des statuts de chacun, on peut vivre en harmonie, dans le respect des différences, le message livré est d’une puissance extraordinaire et surtout, d’une émotion rare. Quant au casting, il est parfait, j’ai un vrai coup de cœur pour Dilan Gwyn, Amira Casar est tellement charismatique et Camélia Jordana est tout à fait à la hauteur.

En bref : Un film de guerre plus intimiste que ce que l’on a l’habitude de voir, plus réaliste aussi, c’est un combat bouleversant qui nous est livré, où détermination et courage seront incroyablement percutants !

25 réflexions au sujet de « Sœurs d’Armes »

      1. Moi j’avais limite hâte que les personnages meurent, surtout les deux Françaises que j’ai trouvées insupportables, on dirait qu’elles viennent en colonie de vacances ! Je trouve même cette représentation assez irrespectueuse pour les vraies personnes qui sont allées combattre.

        Aimé par 1 personne

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