Le Procès Goldman

Réalisation : Cédric Khan

Casting : Arieh Worthalter, Arthur Harari, Stéphan Guérin-Tillié, Nicolas Briançon, Aurélien Chaussade, Christian Mazzuchini, Jeremy Lewin, Jerzy Radziwilowicz…

Nationalité : Français

Genre : Drame

Durée : 1h56

Date de sortie : 27 septembre 2023

Bande-annonce

Synopsis

En avril 1976, débute le deuxième procès de Pierre Goldman, militant d’extrême gauche, condamné en première instance à la réclusion criminelle à perpétuité pour quatre braquages à main armée, dont un ayant entraîné la mort de deux pharmaciennes. Il clame son innocence dans cette dernière affaire et devient en quelques semaines l’icône de la gauche intellectuelle. Georges Kiejman, jeune avocat, assure sa défense. Mais très vite, leurs rapports se tendent. Goldman, insaisissable et provocateur, risque la peine capitale et rend l’issue du procès incertaine.

Mon avis

Un huis clos absolument immersif !

Je connaissais très peu cette histoire, mais je dois dire que ce film m’a très vite intéressé et j’ai beaucoup aimé le découvrir.

« Je suis innocent, parce que je suis innocent. »

Effectivement, voilà une histoire vraie qui a fait la une des journaux de l’époque, mais que personnellement, j’ai très peu connu, celle de Pierre Goldman, frère aîné du non moins célèbre Jean-Jacques Goldman, je savais son destin tragique, mais je n’avais que peu entendu parler de cette affaire judiciaire dans laquelle il était présumé coupable. Une affaire qui n’est pas anodine, puisqu’il est question de plusieurs attaques à mains armées, ainsi que de deux meurtres, bien qu’il assume pleinement les attaques, il clame son innocence pour les meurtres en question et c’est son procès, que nous allons suivre, d’un bout à l’autre. Un huis clos quasiment total dans cette cour de justice, à quelques scènes près, un procès mis sous le microscope, décortiqué dans ses moindres détails, extrêmement précis dans ses événements, à tel point que nous aurons la sensation terriblement percutante, d’être les témoins directs de ces attaques, alors que nous ne les verrons jamais, pas de flashback, pas d’images d’archives, rien que l’énoncé des faits. Ça pourrait vous paraître justement trop factuel, trop ennuyeux, pourtant, je peux vous garantir que ça ne l’est à aucun moment, passionnant d’un bout à l’autre, c’est un récit incroyablement vivant, qui vibre par l’atmosphère de toute époque, une époque de tensions d’ailleurs, qui se retrouvent au cœur de cette affaire, plus que jamais. La réalisation de Cédric Kahn est percutante de talent, sa mise en scène est un petit bijou du genre, bien que l’on se concentre exclusivement à ce lieu, peu propice à l’évasion, il parvient à nous y immerger avec une sensibilité rare. Visuellement, pas d’extravagance, simplement la réalité saisissante des évènements, dans toute leur froideur et pourtant, malgré cet aspect chirurgical, c’est une ambiance qui fourmille de vie, de détails, presque un show à part entière, tant ses acteurs sont d’une extrême vigueur. En ce qui concerne le scénario, parfaitement écrit, il nous livre les faits, sans fard, sans fioriture, met en avant l’histoire de cet homme, les conditions dans lesquelles il a grandi, son parcours pour le moins chaotique, qui l’a conduit exactement là où il en est, comme si son destin était écrit dans le drame, depuis sa plus tendre enfance. Le tout, dans un contexte géopolitique des plus tendus, sur fond de racisme, d’antisémitisme, c’est un procès fascinant dont nous serons témoins, bourré d’incohérences, de facilités, comme si on avait trouvé le coupable idéal, celui que tout désigne, enfin, celui qu’il est plus facile d’accuser, alors qu’aucune preuve n’existe, si ce n’est la parole de témoins qui ont tout l’air d’avoir été gentiment orientés. Quant au casting, il est absolument parfait, la performance d’Arieh Worthalter est simplement magistrale et celle d’Arthur Harari est non moins impressionnante.

En bref : Un film en huis clos total, au cœur d’un procès qui a fait la une des journaux, le procès d’une époque également, de ses tourments, de ses problèmes, un contexte géopolitique fort, percutant par les messages qui en ressortent, une immersion saisissante dans cette cour de justice qui peut ressembler à une pièce de théâtre, tant elle recèle de vie, mais aussi de mascarade !

8/10

6 réflexions au sujet de « Le Procès Goldman »

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