Jusqu’au Bout du Monde

Réalisation : Viggo Mortensen

Casting : Vicky Krieps, Viggo Mortensen, Solly McLeod, Garret Dillahunt, W. Earl Brown, Danny Huston, Shane Graham, Colin Morgan…

Nationalité : Mexicain, canadien, danois

Genre : Western, drame

Durée : 2h09

Date de sortie : 1er mai 2024

Bande-annonce

Synopsis

L’Ouest américain, dans les années 1860. Après avoir fait la rencontre de Holger Olsen, immigré d’origine danoise, Vivienne Le Coudy, jeune femme résolument indépendante, accepte de le suivre dans le Nevada, pour vivre avec lui. Mais lorsque la guerre de Sécession éclate, Olsen décide de s’engager et Vivienne se retrouve seule.

Mon avis

Un western intimiste et bouleversant !

Sans surprise, il m’était impossible de passer à côté et je dois dire que ce fut une merveilleuse découverte.

« Je n’ai jamais voulu être sauvée. »

Je suis une grande amoureuse de western, sous toutes ses formes, mais à tous ceux qui s’attendent à un classique, plein d’action, de batailles, vous pouvez passer votre chemin, celui-ci est bien loin des clichés que l’on peut en attendre, plus intimiste, plus indépendant, bien qu’il conserve les codes et l’identité propre à cette période, il parvient à trouver un angle plus novateur, surtout, bien plus touchant. Nous serons bien dans l’Ouest Américain, fin du 19ème siècle, tout ce que l’on peut alors s’imaginer de l’époque est bien présent, les conflits qui règnent, comme la Guerre de Sécession, sont également mentionnés, mais le talent de ce métrage est justement de les laisser en second plan, aucune image, si ce n’est quelques métaphores symboliques, très furtives, ne viendront mettre en avant ces batailles, elles ne viennent que servir le récit, nous savons qu’elles ont lieu, mais là n’est pas le sujet principal. Non, ici, on se concentre sur le destin d’une femme, comme beaucoup d’autres à l’époque, celles qui restent en arrière, pendant que leur mari se bat, seule, pour s’occuper de tout et autant dire que le labeur était pour le moins éprouvant à cette période, les travaux manuels indispensables, en plus de devoir s’occuper de soi, mais aussi des possibles enfants qui sont à sa charge, mais le pire reste sûrement les dangers auxquels on ne pense pas vraiment, les autres. Un film ô combien féministe, dans sa plus belle définition, loin d’un étendard extrémiste, c’est une notion glorifiée par le parcours de cette femme extraordinaire, qui pourrait être celle de toutes les générations, de toutes les époques, parce que ce qu’elle traverse est possible, peu importe en quelle année, son courage, ses épreuves, ses blessures, sa volonté, c’est le chemin de nombre d’entre nous et c’est à mon sens, tout ce qui en fait la force. On trouve Viggo Mortensen à la réalisation, mais aussi à l’écriture et j’avoue être sous le charme de son travail, de sa vision des choses, il a su apporter sa propre perspective à ce genre, il a fait des choix osés, qui ne plairont peut-être pas à tout le monde, mais qui ont le mérite d’avoir su trouver sa propre voie. Et visuellement, c’est une petite pépite, notamment pour la beauté extraordinaire des paysages, qui auront une importance cruciale, cette sensation de liberté, mais aussi d’une certaine hostilité, due à la rudesse du climat et de l’époque, qui sera d’ailleurs merveilleusement reconstituée, pour une immersion des plus intenses. En ce qui concerne le scénario, bien loin de ce que l’on peut connaître habituellement, des sujets classiques abordés, notamment dans les divers conflits qui parsèment le genre et bien qu’il soit inévitablement question de racisme, plus globalement de l’intolérance dont beaucoup pouvaient faire preuve, tout ceci est présent en fond, pour se concentrer sur le destin de cette femme. Indépendante, forte, elle prend littéralement sa vie en main, refusant les convenances qui lui sont imposées, pourtant, sa vie est comme un éternel recommencement, bouleversée par les guerres qui lui ont beaucoup pris, elle saura malgré tout avancer, malgré les épreuves incommensurables, malgré les blessures, elle gardera la tête haute, pleinement actrice dans son combat, immense pied de nez à ceux qui l’auront blessée. Quant au casting, il est tout simplement extraordinaire, Vicky Krieps y est absolument époustouflante et Viggo Mortensen vient la sublimer, en la mettant toujours en lumière malgré tout.

En bref : Un western qui parvient à se détacher des clichés habituels, qui en conserve les codes, notamment pour ses paysages extraordinaires ou pour ses conflits, toujours en filigrane, sans jamais prendre le pas sur le récit, parce que sur le devant de la scène, on aborde le destin d’une femme, à travers ses épreuves, une femme parmi tant d’autres, de toutes générations confondues, de son courage, de sa force de volonté et de cette indépendance riche de respect !

9/10

12 réflexions au sujet de « Jusqu’au Bout du Monde »

    1. Ah, Viggo est un argument à lui tout seul lol C’est lui qui réalise, qui écrit et qui joue, je dois dire que je ne m’attendais pas à autant de poésie de sa part !

      Aimé par 1 personne

        1. Et puis franchement, voir un homme s’effacer ainsi, pour mettre en avant l’histoire d’une femme justement, de nos jours et dans le milieu du cinéma, ça fait plaisir !

          Aimé par 1 personne

Répondre à Vampilou fait son Cinéma Annuler la réponse.