Juré n°2

Réalisation : Clint Eastwood

Casting : Nicholas Hoult, J.K. Simmons, Kiefer Sutherland, Chris Messina, Gabriel Basso, Zoey Deutch, Toni Collette, Leslie Bibb…

Nationalité : Américain

Genre : Drame, thriller 

Durée : 1h54

Date de sortie : 30 octobre 2024

Bande-annonce

Synopsis

Alors qu’un homme se retrouve juré d’un procès pour meurtre, il découvre qu’il est à l’origine de cet acte criminel. Il se retrouve face à un dilemme moral entre se protéger ou se livrer.

Mon avis

Un film coup de poing riche de réflexions !

C’était une immense attente pour moi et j’en suis ressortie complètement bousculée, comme toujours.

« Parfois, on essaie de faire ce qu’il faut et on se rend compte qu’on a tout faux. »

Le postulat de départ pouvait nous laisser penser à un film de procès, comme beaucoup d’autres, s’il en est question, il va se révéler être bien plus que ça et surtout, il possède plus de nuances, plus de sujets encore, c’est une réflexion profonde sur la nature humaine, sur la justice, la culpabilité, les préjugés, sur ce qui est moral ou non. Le bien, le mal, nous connaissons tous ces deux concepts, nous savons tous où se situe la frontière entre les deux, nous savons faire la différence entre une bonne action et une mauvaise, mais nous allons nous rendre que parfois, il est bien plus difficile de faire la part des choses, de prendre les bonnes décisions, de choisir la voie de la vérité, au risque de tout perdre, de faire voler en éclats sa propre vie, mais aussi celle de quelqu’un d’autre. Cette histoire, c’est celle d’un véritable concours de circonstances, de destins croisés brisés, sans que personne ne soit véritablement coupable de ce qui va se dérouler, parce que personne n’a eu la volonté d’agir, personne n’a sciemment menti ou caché le pire, pourtant, cet événement sera l’élément déclencheur d’une réaction en chaîne impossible à arrêter, tel un train qui vous arrive dessus de plein fouet, il est impossible de faire machine arrière et de faire comme si nous ne savions pas. Un récit qui vient tous nous questionner, sur ce que nous ferions dans une telle situation, doit-on agir ou laisser faire, faut-il laisser les préjugés parler, est-ce qu’un coupable, vaut mieux qu’un autre, est-ce que quelqu’un que tout accuse est forcément coupable, forcément mauvais, dans tous les cas, des vies seront irrémédiablement marquées, détruites, mais qu’en est-il de sa propre conscience, de ceux qui comptent sur nous. Je ne passe jamais à côté d’une réalisation du grand Clint Eastwood, voilà peut-être son dernier film, je ne l’espère pas, mais une fois encore, il ne m’aura pas déçu, bien au contraire, nous livrant une petite pépite à tous points de vue. Visuellement, tout en sobriété, la photographie y est pourtant sublime, dans un jeu entre ombres et lumières, où tout va se concentrer sur cet homme, ses agissements, son chemin, c’est lui, le centre de tout, lui, par qui tout va passer où tous les chemins vont se croiser. En ce qui concerne le scénario, il mise sur une apparente simplicité, un départ somme toute assez classique même, que l’on semble avoir déjà vu à de multiples reprises, mais très rapidement, il va prendre une tout autre direction, un chemin bien plus tortueux, plus surprenant et surtout, surtout, synonyme de beaucoup plus de profondeur, à travers une intrigue moins convenue, elle se révèlera plus stressante de minute en minute, nous laissant constamment à bout de souffle. Nous serons suspendus aux actes de cet homme, lui qui nous prouve que l’erreur est humaine, que nous pouvons tous en faire les frais, mais chacun de nous peut prétendre à une seconde chance, peu importe que vous le méritiez ou non, que les autres estiment que de par vos actions, vous n’êtes pas quelqu’un de bien, ce n’est pas ça la justice, les préjugés ne sont pas censés rentrer en ligne de compte, c’est pourtant bien trop souvent le cas, parce qu’il est tellement plus simple de juger selon les apparences, que de s’interroger soi-même. Quant au casting, il est tout simplement extraordinaire, Nicholas Hoult tient sûrement son meilleur rôle, mais j’ai également beaucoup aimé celui de Gabriel Basso et que dire de celui tout en nuances de Toni Collette.

En bref : Un film qui pouvait paraître des plus classique, mais qui se révélera bien plus surprenant que ce que nous pouvions penser, loin du simple procès, c’est une réflexion profonde sur la culpabilité, sur les choix que nous pouvons faire, qui interroge sur notre propre morale, sur le courage de faire face à nos erreurs, mais aussi à nos responsabilités, c’est le récit de destins qui sont entre les mains d’une seule personne, de décisions à prendre, en notre âme et conscience, quitte à faire basculer la vie de beaucoup d’autres !

9/10

14 réflexions au sujet de « Juré n°2 »

  1. J’aime toujours autant lire tes chroniques, elles sont si passionnées ! J’ai hésité à aller le voir mais j’avoue que Clint Eastwood me fait un peu peur, dans le sens où j’ai toujours peur d’être prise en otage dans ses films. Je ne suis pas toujours avec ses idées.

    Aimé par 1 personne

    1. Un immense merci pour tes compliments, ils me vont droit au cœur, je mets tellement de moi dans mes avis…Je peux comprendre ton ressenti, mais à mon sens, il invite plus à la réflexion ici, plutôt que d’imposer des idées, en tout cas, c’est ce que j’ai perçu !

      Aimé par 1 personne

  2. Oui un grand film et comme tu dis, ça pourrait être son dernier, et on en serait pas déçu.

    J’ai aimé retrouvé sa manière si intime de filmer l’Amérique.

    J’ai aussi trouvé Nicholas Hoult très bon et ce d’autant plus quand on se rappelle ses premiers pas. Que de chemin parcouru.

    Et que dire de cette réflexion riche et passionnante sur la justice, la culpabilité, les coupables… J’y songe encore.

    Aimé par 1 personne

Répondre à Ceciloule - Pamolico Annuler la réponse.