Réalisation : James Mangold
Casting : Timothée Chalamet, Edward Norton, Elle Fanning, Monica Barbaro, Boyd Holbrook, Dan Fogler, Norbert Leo Butz, Scoot McNairy…
Nationalité : Américain
Genre : Biopic
Durée : 2h20
Date de sortie : 29 janvier 2025
Synopsis
New York, 1961. Alors que la scène musicale est en pleine effervescence et que la société est en proie à des bouleversements culturels, un énigmatique jeune homme de 19 ans débarque du Minnesota avec sa guitare et son talent hors normes qui changeront à jamais le cours de la musique américaine.
Mon avis
Un biopic absolument sublime !
C’était encore une grande attente de ce début d’année et je ne suis clairement pas déçue, c’est un quasi coup de cœur.
« Ne demandons pas la lune. Nous avons les étoiles. »
Le biopic est un genre à la mode, mais finalement, lorsqu’il est d’une telle qualité, pourquoi devrions-nous nous en passer, d’autant plus qu’en l’occurrence, bien que nous nous attachons effectivement à la vie de Bob Dylan, c’est bien plus que cela que nous apporte ce métrage, ce n’est pas seulement les débuts de ce grand artiste, mais également, tout ce qui l’entoure. Effectivement, je dirais même que c’est avant tout, le parfum d’une époque, une plongée d’une immersion saisissante dans les années 60, une reconstitution absolument parfaite, où tout y est, plus que les looks, l’architecture ou tout autre symboles superficiels, c’est une atmosphère dont on s’imprègne immédiatement, que l’on ressent dans chaque fibre de notre être, comme si nous y étions. C’est à la fois, un cadre extrêmement politique, avec les questions primordiales qui en découlent, notamment sur les différents conflits qui y ont lieu, mais paradoxalement c’est aussi un état d’esprit presque léger, où il fleure bon quelques substances illicites, avec lesquelles on flotte allègrement sur un petit nuage, un contraste qui décrit pourtant si bien toute une génération. Néanmoins, c’est une génération engagée, enragée presque, une génération qui lutte, comme elle peut, qui soutient ceux qui sont partis combattre, qui dénonce, à travers les mots, à travers les actes aussi, une génération qui prône la liberté avant tout, celle de penser ce qu’elle veut, d’aimer qui elle veut et de dire tout haut, ce que beaucoup d’autres pensent tout bas, elle assume tout, peu importe que ça plaise ou non, elle ose. On retrouve James Mangold à la réalisation, lui dont j’admire le travail par-dessus tout, on reconnaît aisément sa patte, celle d’un réalisme toujours saisissant, d’une esthétique rare, il parvient toujours à tirer la quintessence de ses sujets et à nous toucher en plein cœur, avec du vrai. Visuellement simple, sans fioritures, c’est un grain tout à fait particulier, une photographie hors du commun, tout y est travaillé, minutieusement exploité, jusque dans le moindre détail, pour nous immerger pleinement dans cet univers, dans ces années, une véritable bouffée de nostalgie, qui nous donne la sensation de le vivre en direct. En ce qui concerne le scénario, bien sûr, il n’a rien de complexe, comme tous biopics, c’est le récit d’une tranche de vie, ici, la naissance de cet artiste à part entière, sa naissance en tant que Bob Dylan, alors bien sûr, il n’y a rien de surprenant en soi, mais l’intérêt est ailleurs. Il réside dans ce qu’il nous fait vivre, dans ce qu’il nous fait vibrer, dans les textes d’un jeune homme presque trop brillant, qui le sait, qui pourra parfois paraître bien trop sûr de lui, de son talent, mais qui assumera tout, ses actes, ses prises de position, ses libertés, même lorsqu’il vient à se détacher de ce que l’on attendait de lui, quitte à décevoir, tant que lui fait ce qu’il aime, ce pour quoi il veut vibrer. Quant au casting, c’est évidemment sa plus grande force, véritable vivier de talents bruts, Timothée Chalamet y est bluffant, tout autant que Monica Barbaro, quel plaisir de voir Edward Norton dans un tel rôle, Elle Fanning vient également ajouter sa douceur et son charme inégalé.
En bref : Un biopic tout simplement brillant, la naissance d’un artiste à part entière, bien loin des idées préconçues que l’on peut se faire, c’est une âme presque solitaire, un poète des temps modernes, engagé, bouleversant, qui a su mettre en lumière le monde tel qu’il le voyait, mais plus encore, c’est le parfum de toute une époque, de toute une génération, révoltée, autant qu’insouciante, un contraste, symbole d’un état d’esprit, un vent de liberté, à tous points de vue !
Même si je n’ai pas autant apprécié que toi ce biopic, je reconnais que tu as tout à fait raison concernant la photographie, le grain et la reconstitution du décor. Ça c’était vraiment réussi !
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Et c’est quelque chose que James Mangold maîtrise très bien, je te conseille absolument le fabuleux « Le Mans 66 » d’ailleurs !
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On m’en a parlé. Il faut que je le vois oui ! Surtout que j’aime les courses de voitures.
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Je pense attendre que ma médiathèque ne regardant pas de biopic mais je suis curieuse de découvrir la réalisation et surtout Bob Dylan que je connais peu et qui semble être un homme entier. Quelque chose qui peut parfois rebuter mais que j’apprécie quand c’est assumé 🙂
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Honnêtement, c’est passionnant et je pense que ça te plaira beaucoup !
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Un film qui sait humer « le parfum d’une époque » comme tu l’écris si bien. Et quoi de mieux que les chansons de Dylan reflétant l’humeur d’un moment, de temps aussi troublés que les nôtres. Plus qu’un biopic (d’ailleurs très partiel puisqu’il se concentre sur cinq ans), « A complete unknown » est un hymne à la liberté de l’artiste, une énigme dont la clé « is blowing in the wind »…
Et ta chronique le chante super bien 😉
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Ah, là, là, quel talent tu as, merci pour ta poésie ! Je suis entièrement d’accord avec toi, des mots qui résonnent d’autant plus fort à notre époque…
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