Lads

Réalisation : Julien Menanteau

Casting : Marco Luraschi, Jeanne Balibar, Marc Barbé, Phénix Brossard, Ethelle Gonzalez Lardued…

Nationalité : Français, belge

Genre : Drame 

Durée : 1h31

Date de sortie : 2 avril 2025

Bande-annonce

Synopsis

Ethan, 17 ans, devient apprenti-jockey dans une écurie d’obstacles, l’épreuve la plus violente du galop. Au contact des purs-sangs, il découvre le monde des courses, des paris et de l’argent. Sa passion grandit, sa frustration aussi. Courir pour gagner, mais toujours au service des autres.

Mon avis

Un film coup de poing absolument nécessaire !

Proposé en séance découverte dans mon cinéma, je ne pouvais clairement pas passer à côté et quelle claque ce fut.

« Sur cent lads, un seul deviendra jockey. »

C’est dans un univers à part entière que nous allons plonger, celui du milieu hippique, du métier de lad plus particulièrement dans un premier temps, puis, celui des courses, notamment du steeple et même si nous ne sommes pas spécialement des amateurs, ou des connaisseurs, il faut souligner à quel point cette mise en avant est passionnante. Si l’on peut penser que c’est avant tout un métier de passion, nous nous rendons bien vite compte que ce n’est pas forcément le cas d’une grande majorité, être lad, n’est pas une sinécure, il faut avoir du courage pour supporter les conditions de vie, être animé par l’amour des chevaux ou par l’appât du gain que l’on peut vous faire miroiter, en devant jockey et c’est alors une concurrence pour le moins cruelle qui se met à l’œuvre. Un quotidien drastique, peu valorisé, des basses besognes exécutées pour le compte de plus riches qui vous traitent comme le crottin de leurs chevaux, un régime draconien pour pouvoir être le plus léger possible, se méfier de vos collègues, prêts à tout pour prendre votre place, pour devenir cet élu parmi tant d’autres, la seule chance de sortir de la fange, c’est ça, le métier de lad et je pense sincèrement qu’aucun d’entre nous ne pouvait imaginer à quel point ça pouvait être si cruel. Mais en plus de ça, il y a les coulisses tout aussi sombres du milieu hippique, de ces chevaux auxquels on demande tant, que l’on pousse à bout, allant parfois jusqu’à les doper, pour cacher une blessure et peu importe si ça le conduit à la mort, parce qu’un cheval de course, soit il parvient à être performant, soit il fini à la boucherie, c’est ça leur vie, rien de plus simple pour les propriétaires, autant que pour les entraîneurs. Julien Menanteau signe ici son premier film, un travail pour le moins prometteur, qui possède déjà une patte particulière, un réalisme saisissant, brut, sans fioritures, peut-être un peu trop sombre pour certains, ça me semble pourtant approprié pour montrer tous les travers de ce milieu. Visuellement très sobre, sans extravagance, les scènes de courses sont pourtant incroyables, au plus près de la vérité, autant dans la beauté du mouvement, que dans les instants plus dramatiques, c’est saisissant de réalité et ça nous prend véritablement aux tripes. En ce qui concerne le scénario, bien qu’assez simple, ses grandes lignes sont d’une intelligence rare, elles se suffisaient à elles-mêmes, le seul regret que l’on puisse avoir réside dans les sous-thèmes abordés, peut-être un peu trop clichés, ils n’étaient pas forcément nécessaires pour ajouter de l’émotion, là où elles étaient naturellement présentes. L’intrigue revêt suffisamment de dramaturgie en elle-même, pour vouloir en rajouter, le parcours de ce jeune homme, son évolution, en même temps qu’il découvre ce milieu viendra nous passionner, nous bouleverser, lui qui aime profondément cet animal, va devoir se confronter à l’exigence qu’on lui demande d’imposer, pourtant, il devra choisir entre le succès et le bien-être de cet être vivant dont il est si proche. Quant au casting, il est exceptionnel, Marco Luraschi crève littéralement l’écran, c’est une véritable révélation et Jeanne Balibar vient sublimer son jeu, dans un duo absolument bluffant.

En bref : Un film incroyable sur le milieu hippique, de son métier de lad, le plus bas échelon peut-être, il est pourtant primordial, mais il se voit rongé par une concurrence féroce, peu d’élu, il faut jouer des coudes pour sortir du lot, pour se faire sa place, quitte à marcher sur les autres, mais ce sont également les coulisses d’un monde où le cheval n’est qu’un moyen comme un autre de brasser de l’argent, peu importe ce que ça peut coûter à ces animaux, qui finissent incontestablement au même endroit, à la boucherie !

9/10

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