Connemara

Réalisation : Alex Lutz

Casting : Mélanie Thierry, Eliot Giraud, Bruno Sanches, Alexandre Auvergne, Johanna Lauraire, Elisa Beauchamp…

Nationalité : Français 

Genre : Drame 

Durée : 1h55

Date de sortie : 10 septembre 2025

Bande-annonce

Synopsis

Issue d’un milieu modeste, Hélène a quitté depuis longtemps les Vosges. Aujourd’hui, elle a la quarantaine. Un burn-out brutal l’oblige a quitter Paris, revenir là où elle a grandi, entre Nancy et Epinal. Elle s’installe avec sa famille, retrouve un bon travail, la qualité de vie en somme…Un soir, sur le parking d’un restaurant franchisé, elle aperçoit un visage connu, Christophe Marchal, le bel Hockeyeur des années lycées. 

Mon avis

Un film très juste dans ses émotions !

J’y suis allée par curiosité et par attrait du casting et j’en suis ressortie assez touchée.

« Ma vie d’adulte s’est effondrée. »

Pour autant, je peux comprendre que le film ne plaise pas à tout le monde, ou même qu’il puisse ennuyer, c’est à mon sens, un métrage très intimiste, lent pour certains, il prend indéniablement son temps, sociétal, psychologique, il décortique notre société, ses maux et plus encore, les états d’âme, ceux qui peuvent impacter chacun d’entre nous. Effectivement, c’est avant tout une mise en avant de nos regrets, de ces rêves d’enfants, d’adolescents, avec lesquels nous avons grandi, des ces espoirs que nous avions, des réussites qui ont suivies, mais surtout, des échecs, des remises en question profondes qui en découlent, qui viennent nous hanter au plus mauvais moments et qui bouleversent tout ce que nous pouvions penser comme acquis. C’est l’exemple même du burn-out, qu’il soit professionnel ou personnel, de ce trop-plein de tout, de ce ras-le-bol général qui fait tout valser autour de nous, qui fait voler en éclats un quotidien bien établi, une situation familiale parfaite, un job aux responsabilités importantes, pourtant, tout devient trop difficile, tout simplement trop, il faut alors trouver des solutions et pouvoir changer la donne. Une situation chaotique, un séisme qui fait trembler toutes les fondations qui paraissaient si solides, pourtant, il n’y a rien de plus fragile que la vie, que l’amour et c’est une cascade d’événements, de choix, bons ou mauvais, qui s’ensuit, on essaie de reprendre la main sur notre histoire, de revenir aux sources, pour peut-être réparer ce que nous étions à l’origine, retrouver cet enfant qui espérait tant, mais rien n’est si simple. J’ai beaucoup aimé le regard d’Alex Lutz sur cette adaptation de roman, toujours très sensible, très artistique, il parvient à mettre en avant toute l’intimité de ces turpitudes, avec son style, son intelligence aussi, peut-être un peu trop académique, trop recherché, pour plaire à un public plus large. Visuellement, bien que très simple globalement, j’ai beaucoup aimé les effets de style, les flous, les gros plans, c’est un ensemble assez épuré, mais lumineux à la fois, un travail minutieux, qui laisse place aux sensations et aux émotions. En ce qui concerne le scénario, il est assez simple, mais son écriture l’est moins, plus recherchée, moins lisible, elle demande au spectateur une certaine patience, qui ne sera peut-être pas au goût de tous, mais dont la sensibilité sera pourtant indéniable. C’est donc un récit qui prendra son temps, pour s’installer, autant que pour creuser les sujets qu’il met en avant, c’est le tableau d’une vie, d’un parcours, qui pourrait être celui de beaucoup d’entre nous, d’émotions, de questionnements, de sentiments, universels, qui sauront nous toucher, autant que nous pousser à une certaine introspection. Quant au casting, c’est indubitablement sur son duo qu’il fait des miracles, Mélanie Thierry et Bastien Bouillon sont extraordinaires de talents, autant que de justesse.

En bref : Un film qui n’aura peut-être pas la faculté de plaire au plus grand nombre, mais qui saura pourtant pointer du doigt avec force vérité, nos états d’âme les plus profonds, le burn out dans tout ce qu’il a de plus complet, reflet d’une société qui va trop vite, qui brise les rêves d’enfants, devant un quotidien devenu trop lourd à porter, pour nous partager un récit riche de questions, d’une psychologie fine, il saura mettre en avant le cheminement, les expériences et les conséquences qui peuvent découler d’un tel séisme !

7/10

10 réflexions au sujet de « Connemara »

  1. Je ne l’ai pas vu, et j’avoue avoir été un peu refroidi par mon épouse qui y est allée en connaissant le livre de Nicolas Mathieu. Elle n’y a pas du tout retrouvé ce qui lui avait plu dans cette transposition.
    Décidément, les adaptations en ce moment…
    Attendons de voir ce que Ozon a fait du classique de Camus.

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