La Vénus Électrique

Réalisation : Pierre Salvadori

Casting : Pio Marmaï, Anaïs Demoustier, Gilles Lellouche, Vimala Pons, Gustave Kervern, Madeleine Baudot, Charline Cerri, Romain Lefebvre…

Nationalité : Français, belge

Genre : Comédie romantique 

Date de sortie : 13 mai 2026

Durée : 2h02

Tout public 

Bande-annonce

Synopsis

Paris, 1928. Antoine Balestro, jeune peintre en vogue, n’arrive plus à travailler depuis la mort de son épouse et désespère Armand, son galeriste. Un soir d’ivresse, Antoine tente d’entrer en contact avec sa femme par l’intermédiaire d’une voyante. Sans le savoir, il parle en réalité avec Suzanne, une modeste foraine qui s’est glissée dans la roulotte pour y voler de la nourriture.

Mon avis

Un film aussi touchant que poétique !

Proposé en avant-première dans mon cinéma, j’ai clairement sauté sur l’occasion et j’ai absolument adoré.

« L’amour est une souffrance et un baume, une extase et une brûlure. »

C’est avant-tout une fabuleuse plongée dans le Paris des années 20, dans une période florissante, pleine d’une certaine gaieté, une joie de vivre, une bonne dizaine d’années après la Première Guerre Mondiale, on sent que la population a besoin de revivre, de profiter et d’oublier, dans une certaine mesure, c’est vraiment une ambiance à part entière. Mais c’est également un zoom sur le milieu forain, sur ses spectacles grandioses qui attirent en masse, ses monstres de foire et ses tours de passe-passe, mais c’est essentiellement l’envers du décor dont nous serons témoins également, des arnaques peu reluisantes qui font leurs choux gras, mais aussi de ces artistes qui n’ont pas toujours le choix, pour pouvoir survivre, gagnant quelques malheureux sous. Puis, on y aborde l’art aussi, la peinture surtout, le dessin, avec un œil extrêmement passionné, de ces talents qui se cachent parfois là où on ne le soupçonne pas, de ce qu’il faut parfois sacrifier, pour ne serait-ce qu’envisager de percer dans ce monde où il est bien difficile de se faire connaître, parce que là encore, les matières premières coûtent chères. Alors, dans ce mélange des genres, dans ce joyeux bordel, on vient à parler de sujets forts, des séquelles de la guerre, toujours subtilement présentes en fond, du deuil d’un amour, de la culpabilité que l’on peut ressentir et par-dessus tout, de l’amour, celui auquel on ne veut pas dire adieu, puis celui que l’on a peur d’accueillir à nouveau, ou encore, celui qui vous surprend lorsque vous ne vous y attendiez pas. Je suis littéralement tombée sous le charme de la réalisation de Pierre Salvadori, non seulement pour la beauté et le réalisme absolu de sa reconstitution de l’époque absolument sublime, mais surtout, de la poésie qu’il a réussi à dégager, c’est une atmosphère extraordinaire qu’il a réussi à mettre en place, presque magique, qui saura nous captiver. En ce qui concerne le scénario, s’il est catégorisé en comédie, il est à mon sens, tellement plus que ça, même si l’humour est présent, de manière délicieusement subtile d’ailleurs, c’est avant-tout dans la délicatesse de son récit qu’il sort du lot, dans ces histoires d’amour qu’il tisse, pas toujours simples, parfois contrariées, mais toujours fortes d’émotions et surtout, de vérités. Quant au casting, il est là aussi, absolument merveilleux, Pio Marmaï y est toujours si juste, j’ai été profondément touchée par l’interprétation d’Anaïs Demoustier, j’ai beaucoup aimé le rôle de Vimala Pons et Gilles Lellouche a su me surprendre par ses nuances.

En bref : Un film qui sort clairement du lot, bien plus que la simple comédie annoncée, c’est avant-tout une sublime immersion dans une époque, dans ce Paris qui fourmille de vies, d’envies, d’idées, mais aussi dans le milieu forain, puis dans celui de l’art, le tout, dans un ensemble un peu décalé, délicieusement loufoque, mais aussi riche d’une poésie qui nous touche à l’âme, pour nous livrer un récit fort d’émotions et de sentiments vrais !

10/10

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