Réalisation : Vincent Garenq
Casting : Antoine Reinartz, Emmanuelle Bercot, Emma Boumali, Nedjim Bouizzoul, Azize Kabouche, Marie-Sohna Condé, Mounira Barbouch, Barbara Bolotner…
Nationalité : Français
Genre : Drame
Date de sortie : 13 mai 2026
Durée : 1h40
Tout public avec avertissement
Synopsis
Tout le monde connaît le nom de Samuel Paty, mais peu de gens connaissent réellement son histoire. Le 16 octobre 2020, Samuel Paty, professeur d’Histoire-Géographie, est assassiné à la sortie de son collège. À la lumière des enquêtes et des procès, ce film revient sur ses onze derniers jours, et l’engrenage qui a conduit à sa mort tragique.
Mon avis
Un film terriblement poignant !
Rien que par soutien, je souhaitais absolument le voir et sans surprise, j’en suis ressortie complètement bouleversée.
« Jamais je n’aurais imaginé que mon nom entrerait dans les manuels d’Histoire. »
Bien sûr, nous connaissons tous ce drame, oui, nous savons comment il s’est déroulé, comment la vie de cet homme s’est violemment terminée, mais être témoin des quelques jours qui ont précédé le drame, les vivre pleinement, comme si nous y étions, c’est tout autre chose et si c’est insoutenable, c’est à mon sens, d’utilité publique. Parce qu’il faut savoir, il faut prendre connaissance des faits, de comment tout a commencé, de l’enchaînement des évènements qui ont suivi, pour que plus jamais ça ne se reproduise, pour que chacun puisse prendre conscience des erreurs qui ont été commises, pour en arriver à un drame innommable, qui n’aurait jamais dû survenir et qui ne devrait pas se reproduire, sous aucun prétexte. C’est le récit d’un milieu de l’éducation de plus en plus en danger, des professeurs qui ne peuvent plus faire les cours comme ils l’entendent, qui malgré une bienveillance pour chacun, peu importe les religions, ne peuvent plus aborder certains sujets pourtant essentiels, mais devenus trop sensibles, trop propices à déchaîner le jugement de certains parents, ou autre entourage malveillant. Un engrenage que l’on comprend parfaitement ici, un évènement anodin, un mensonge même, qui aurait pu être banal, mais qui va prendre des proportions désastreuses, malgré les témoignages, malgré la vérité, cette seule personne aura littéralement mis une cible sur son professeur, les réseaux sociaux aidants, les mauvaises influences venants s’y ajouter, sont autant d’armes qui ont signé son arrêt de mort. La réalisation de Vincent Garenq est alors presque un documentaire, une retranscription extrêmement fidèle des évènements, dans tout ce qu’elle a de plus vrai, de plus authentique, pas de fioritures, pas d’effets de manche, il nous dévoile la réalité des faits, de manière brutale, sans équivoque, mais toujours avec beaucoup de respect. Le scénario est donc assez simple, il est pourtant terriblement percutant, révoltant dans ce qu’il démontre, dans cet abandon, celui de certains collègues, d’une lâcheté ignoble, mais aussi des forces de l’ordre, qui ont agit trop tardivement, de l’éducation nationale, qui n’a pas assez soutenu cet homme et malgré le soutien de certains parents d’élèves, de sa hiérarchie, nous aurons la sensation que ça n’a malheureusement jamais fait le poids, face à la haine monumentale, qui aura fini par gagner. Quant au casting, il est poignant, je tiens à saluer la performance pleine de respect d’Antoine Reinartz, le rôle d’Emmanuelle Bercot m’a profondément ému et celui de Nedjim Bouizzoul est effrayant dans sa complexité.
En bref : Un film qu’il faut voir absolument, ne serait-ce que par soutien, par militantisme aussi, pour lutter contre un système éducatif de plus en plus en danger, alors qu’il devrait être un lieu de sécurité pour ceux qui y travaillent, mais aussi pour nos enfants, c’est un récit effrayant, révoltant, celui d’un engrenage qui a amené à un drame impensable, un simple mensonge, qui a conduit à la mort d’un innocent, d’un homme, d’un père, d’un professeur et de toutes les défaillances qui ont eu pour conséquence ce drame innommable !