Soudain

Réalisation : Ryūsuke Hamaguchi

Casting : Virginie Efira, Tao Okamoto, Kodai Kurosaki, Gabriel Dahmani, Jean-Louis Garçon, Héloïse Janjaud, Heidi Becker-Babel, Marie Bunel…

Nationalité : Français, japonais, allemand, belge

Genre : Drame

Date de sortie : 12 août 2026

Durée : 3h15

Tout public

Bande-annonce

Synopsis

Directrice d’un établissement pour personnes âgées, Marie-Lou tente d’y instaurer une philosophie de soins innovante basée sur l’écoute et la dignité des résidents, malgré la réticence d’une partie de ses équipes. Sa rencontre avec Mari, une metteuse en scène japonaise qui se bat contre un cancer, va bouleverser sa trajectoire.

Mon avis

Un film d’une lucidité et d’une poésie bouleversantes !

J’espérais vraiment pouvoir le voir et je dois dire avoir été littéralement transportée.

« Il y a de la folie en chacun de nous, personne n’est normal. »

La facilité n’aura été choisie à aucun moment dans ce film, les sujets abordés sont extrêmement lourds, difficiles, presque tabous même, pourtant, il est époustouflant de lumière, d’espoir, il ne fera jamais peser la lourdeur de ses thèmes sur nos épaules et c’est toute l’atmosphère qui s’en ressentira, pour le meilleur. On y aborde la vie dans les EPHAD, de la manière la plus dépouillée possible, après les scandales, après les maltraitances, c’est un lieu bien loin de tout ça dans lequel nous plongeons, un lieu dans lequel tout est mis en place pour rendre toute l’humanité à ces résidents, d’une bienveillance extraordinaire, on nous montre ce qui devrait exister, la douceur, le respect, traiter l’autre comme une personne et non comme une simple enveloppe vide. Mais nous sommes également mis face à tout ce que doit surmonter ce genre d’établissement, parce que leurs formations coûtent chères, parce qu’ils ne sont pas assez rentables, ils ont du mal à obtenir les fonds nécessaires, à faire comprendre qu’il leur faut plus de personnel, pour mettre en place les soins et les animations nécessaires, c’est un combat de tous les instants extrêmement solitaire, épuisant, presque désespéré. Oui, mais à l’image de tout le reste, loin de rester sur les défaites, sur les mauvaises nouvelles, même les plus terribles, on vient nous montrer qu’il faut garder espoir, qu’il ne faut jamais cesser de se battre pour faire valoir ses droits, ses ambitions, d’autant plus lorsqu’elles vont dans la bonne direction, lorsque vous savez que cette vision est la bonne et même si la société n’est pas encore prête à ouvrir les yeux. Alors, la réalisation de Ryūsuke Hamaguchi est une véritable ode à la vie, à sa beauté, c’est un regard profondément poétique, sur les petites choses du quotidien que l’on ne prend plus toujours le temps de découvrir, mais c’est aussi des paysages extraordinaires, d’une sérénité à couper le souffle, telle une pause, au milieu d’un tumulte parfois fracassant. Puis il y a ce scénario, qui peut faire peur par sa durée, mais aussi par la dureté de ses sujets, pourtant, à aucun moment il ne s’essouflera, sa longueur est tout à fait justifiée, parce qu’il faut prendre le temps d’appréhender les émotions qui nous serons partagées, mais également pour digérer ce regard extrêmement lucide sur nos sociétés, sur leurs défauts, leur manque d’humanité parfois, tout en valorisant ceux qui se battent pour faire comprendre que ce n’est pas le bon chemin à prendre. Quant au casting, il tient principalement dans ce duo d’une alchimie rare, évidente, Virginie Efira et Tao Okamoto y sont bouleversantes, mais j’aurais aimé souligner la performance poignante de Kodai Kurosaki.

En bref : Un film qu’il faut prendre le temps de découvrir, pour sa beauté, pour sa poésie, pour la force de ses sujets, qui, s’ils sont incontestablement difficiles, sont néanmoins traités avec pudeur, mais également beaucoup de douceur, de tendresse, une bienveillance pour laquelle il faut se battre, parce que c’est la bonne voie, celle qu’il faut avoir le courage d’imposer à cette société du chiffre et du rendement à tout prix !

9/10

Une réflexion au sujet de « Soudain »

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