La Favorite

Réalisation : Yórgos Lánthimos

Casting : Olivia Colman, Rachel Weisz, Emma Stone, James Smith, Mark Gatiss, Nicholas Hoult, Joe Alwyn, Faye Daveney…

Nationalité : Américain, britannique, irlandais

Genre : Historique, drame

Durée : 2h

Date de sortie : 6 février 2019

Bande-annonce : https://youtu.be/jeXeYQNITLU

Synopsis

Début du XVIIIème siècle. L’Angleterre et la France sont en guerre. Toutefois, à la cour, la mode est aux courses de canards et à la dégustation d’ananas. La reine Anne, à la santé fragile et au caractère instable, occupe le trône tandis que son amie Lady Sarah gouverne le pays à sa place. Lorsqu’une nouvelle servante, Abigail Hill, arrive à la cour, Lady Sarah la prend sous son aile, pensant qu’elle pourrait être une alliée. Abigail va y voir l’opportunité de renouer avec ses racines aristocratiques.

Mon avis

Un film particulier mais ô combien fascinant !

J’avoue être allée le voir par pure curiosité, mais j’en suis ressortie incroyablement convaincue.

« Certaines blessures ne se referment jamais, j’en ai beaucoup. »

Pour tout vous dire, je ne suis vraiment pas une grande fan de l’Histoire, je n’y connais d’ailleurs pas grand-chose, encore moins lorsque l’on sort de celle de la France, alors de base, ce film n’était absolument pas pour moi. Mais voilà, pour cette fois, on peut dire que j’ai succombé à l’appel des bons avis et des multiples récompenses reçues, j’ai voulu me faire ma propre idée et je ne regrette pas le moins du monde. Je connaissais effectivement les grandes lignes de la situation qui nous est exposée, mais ça s’arrêtait là et finalement, j’y ai beaucoup appris, sans que ce soit un cours magistral ennuyeux. Nous allons plonger dans l’Angleterre du 18ème siècle, dans une monarchie un peu particulière, menée par une reine fragile physiquement et psychologiquement, très facilement manipulable. On se rend très rapidement compte qu’elle ne parvient à prendre aucune décision, qu’elle se laisse influencer par sa plus proche confidente et que c’est réellement elle qui a le pouvoir. Mais ce contexte ne plaît évidemment pas et chacun fera en sorte que ça change, à travers une véritable guerre de pouvoir, manipulations, trahisons, chantages, tous feront ressortir le pire de l’humanité, pour parvenir à ses fins. Mais le talent de ce film est de ne pas tomber dans la sévérité monotone, le ton y est très caustique, l’humour presque absurde, le cynisme omniprésent, c’est une atmosphère très particulière, mais nécessaire, pour moins de lourdeur. J’avoue que je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi violent, pas forcément physiquement, mais plutôt mentalement, il y a une vraie perfidie derrière tous ces gestes, chacun avance ses pions avec une sournoiserie incroyablement mesquine. Je n’aurais pas parié sur la réalisation de Yórgos Lánthimos pour coller à ce genre et pourtant, ça fonctionne à merveille, il a utilisé sa modernité, pour atténuer le côté très codifié de l’époque. Il y a un parti pris ici, se détourner d’un certain classicisme, quitte a utiliser quelques détails anachroniques, pour montrer toute l’audace que les femmes mises en avant ici pouvaient avoir, pour amplifier le pouvoir qu’elles dégageaient. Autre chose qui m’a profondément plu et qui participe grandement à l’ambiance incroyable de ce film, c’est l’inexistence de lumières artificielles, tout a été tourné naturellement. On peut penser que c’est anodin, mais ça ajoute un vrai plus, être soumis aux aléas du temps, rend les événements encore plus bruts, plus sombres, ou plus lumineux selon les circonstances. En ce qui concerne le scénario, il peut paraître assez simple dans son déroulement, mais tout est dans la tension qui règne dans cette lutte de pouvoirs entre ces trois femmes. C’est vraiment ça qui fait tout le piment de l’intrigue, cette guerre des nerfs dont on ne sait pas jusqu’où elle va aller, on ne peut pas s’en douter comme ça, mais c’est terriblement stressant et palpitant à la fois, on est suspendu à leurs lèvres, dans l’attente du coup fatidique. Quant au casting, il est bluffant, Olivia Colman y est époustouflante, Rachel Weisz est d’une froideur absolument crédible et Emma Stone est délicieusement vicieuse.

En bref : Un film bien plus moderne que ce que l’on pourrait penser, notamment pour sa vision de la femme et qui nous fait partager une histoire stressante, dramatique, mais incontestablement fascinante !

10 réflexions au sujet de « La Favorite »

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