Caravage

Réalisation : Michele Placido

Casting : Riccardo Scamarcio, Louis Garrel, Isabelle Huppert, Lolita Chammah, Michele Placido, Micaela Ramazzotti, Tedua, Vinicio Marchioni…

Nationalité : Italien, français

Genre : Biopic, historique

Durée : 1h58

Date de sortie : 28 décembre 2022

Bande-annonce : https://youtu.be/dwMZGiN0J3E

Synopsis

Italie 1609. Accusé de meurtre, Le Caravage a fui Rome et s’est réfugié à Naples. Soutenu par la puissante famille Colonna, Le Caravage tente d’obtenir la grâce de l’Église pour revenir à Rome. Le Pape décide alors de faire mener par un inquisiteur, l’Ombre, une enquête sur le peintre dont l’art est jugé subversif et contraire à la morale de l’Église.

Mon avis

Un film intense artistiquement sublime !

J’y suis allée par pure curiosité, sans attente particulière et je dois dire avoir été plus qu’agréablement surprise.

« M’enlever la peinture, c’est m’ôter la vie. »

Je connais bien sûr Le Caravage, sans tout savoir de lui ou de son histoire, je connais quelques-unes de ses œuvres, mais mon savoir s’arrêtait clairement aux bases, alors ce métrage est une entière découverte, que ce soit pour son art ou son parcours, j’ai pu apprendre beaucoup et croyez-moi, ce fut passionnant. C’est évidemment un récit artistique avant tout, qui met en lumière bon nombre de tableaux exceptionnels, de leur création, de leurs inspirations, des évènements qui les entourent et de comment ils ont littéralement pris vie, à travers un talent hors du commun, parfois totalement incompris, alors que son don est tout simplement incontestable. Mais voilà, à une époque où l’art était bien souvent dicté par la religion, les règles étaient particulièrement strictes pour pouvoir peindre les scènes qui concernaient le sacré, point de liberté, pour ces esprits qui ne vivaient que pour cela, pour pouvoir vivre comme ils l’entendaient et surtout, peindre ce qu’ils voyaient vraiment. C’est ce que Le Caravage faisait, mettre en avant le vrai, donner vie au peuple, aux pauvres, à ceux qui faisaient son quotidien, pour montrer que la foi est partout, qu’elle n’est pas que beauté, qu’elle est parfois sombre, mais qu’elle est toujours présente, surtout dans ceux qui ne sont pas jugés dignes par l’Église. La réalisation de Michele Placido est simplement sublime, en mettant en avant ce maestro, il s’est inspiré lui-même de son art, rendant son métrage tout aussi exceptionnel de qualités, chaque plan est divinement travaillé, notamment la photographie, qui y est tout simplement époustouflante. Visuellement, nous aurons la sensation d’être plongés dans un tableau en constant mouvement, les couleurs, les pigments, tout est d’une beauté à couper le souffle, mais également la lumière, qui tient une place primordiale, jouant également avec l’ombre et l’obscurité. En ce qui concerne le scénario, il est à mon sens, parfaitement écrit, il met en avant le combat du Caravage pour se faire accepter de l’Église, croyant, amoureux des saintes écritures, il cherche toujours son approbation, mais rien n’est aussi simple à son époque et il va en payer le prix. C’est une véritable inquisition dont il fera les frais, parce que le Pape avait la mainmise, le pouvoir, sur absolument tout, parce que c’est lui qui possédait tout à chacun, une Église capable du pire, pour conserver sa poigne, pour que ses règles soient respectées et peu importe le talent indubitable, si la gloire qui le compose n’est pas au niveau de leurs exigences. Quant au casting, il est simplement parfait, Riccardo Scamarcio y est d’une intensité remarquable, l’interprétation de Louis Garrel est fabuleuse de crédibilité et j’ai beaucoup aimé le rôle d’Isabelle Huppert.

En bref : Un film absolument époustouflant de beauté, qui fait figure de véritable œuvre d’art visuellement, un art évidemment au centre de l’univers, un tableau vivant qui vient nous illuminer par sa lumière, toujours contrasté par l’obscurité, nous faisant partager un récit passionnant, fascinant par l’époque mise en avant et qui saura nous montrer à quel point le clergé pouvait se montrer monstrueux, lorsqu’il était question de conserver son pouvoir !

8/10

10 réflexions au sujet de « Caravage »

  1. Alors je m’excuse d’avance pour ce qui va suivre, mais c’est le reflet de ce que je ressens. Personnellement, j’ai énormément de difficultés à m’intéresser au films français (ici franco-italien en l’occurrence). C’est certainement injuste car il y a forcément des films forts sympathiques qui sont produit, comme celui-ci apparemment. Après, comme le dit le proverbe publicitaire « il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis »… Mais étant un fan du cinéma américain, hongkongais, coréen, je mesure régulièrement le fossé qu’il y a avec le cinéma français. Cela étant dit, bon film(s) à tous !

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  2. J’aurais bien aimé le voir, mais je n’ai pas eu la possibilité d’y aller quand il était encore en salle. Ce sera pour plus tard. Mais ton article confirme l’impression que m’avait faite la bande-annonce : un film esthétiquement soigné pour coller à la peinture du sujet.

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